A la recherche d’indicateurs pour élaborer la trame verte et bleue, Raphaël Bedhomme, chef de projet paysage et biodiversité de La-Roche-sur-Yon, s’est tourné vers Kermap.

Entre la ville et la nature, Raphaël Bedhomme se charge d’établir et de maintenir le lien. Un rôle de pilotage entre les politiques de protection de la biodiversité, de développement et de maîtrise du territoire pour le chef de projet paysage et biodiversité de la ville, et de l’agglomération de la Roche-sur-Yon, au service paysage et transition écologique de la Direction environnement, développement durable et paysage.

Deux tiers du territoire de la Roche-sur-Yon sont occupés par les milieux agricoles et naturels. En 2015, lors de l’élaboration de la trame verte et bleue, la ville de la Roche-Sur-Yon rencontre davantage de difficultés dans l’identification des corridors écologiques se trouvant dans les zones urbaines, contrairement à ceux des zones rurales et périurbaines. En effet, dans les villes, une grande partie de la végétation se trouve dans les espaces privés. Ces végétaux sont rarement comptabilisés dans les inventaires, faute de données visibles.

Pour favoriser les continuités écologiques en ville, la ville a besoin d’outils pour cartographier la nature s’y trouvant afin de pouvoir la développer et la préserver. Raphaël Bedhomme parle de continuité douce. “Les projets d’aménagement doivent prendre en compte les milieux écologiques présents pour éviter de les impacter. Ne plus opposer aménagement et nature mais trouver des compromis !”

Raphaël Bedhomme a connu Kermap grâce à Nos Villes Vertes, notre plateforme recensant le patrimoine arboré de toutes les communes de France. En 2019, la ville de la Roche-sur-Yon nous consulte ainsi afin de réaliser une cartographie de la végétation de la trame arborée et herbacée. Ces données ont été obtenues par deep learning, à partir d’une orthophotographie de l’IGN. Deep Learning signifie « Apprentissage Profond ». Il s’agit d’une méthode d’intelligence artificielle permettant aux machines d’apprendre de manière automatique. Ce dispositif s’appuie sur des exemples pour faciliter l’assimilation de connaissances. Il est alors possible, quel que soit le contexte, de déduire la structure et la taille des arbres.

“Les données ont, ici, pour but de comprendre les interactions qui ont lieu entre les zones d’activité en projet et les continuités écologiques. La combinaison d’une vision macro et micro permet d’obtenir une vue globale d’un territoire hétérogène. Ces informations peuvent être utilisées pour savoir, par exemple, par où passent les continuités écologiques dans le milieu urbain et périurbain, et comprendre ainsi comment les réseaux se tissent.”

Carte de la trame verte et bleue à La-Roche-sur-Yon
Cartographie de la trame verte et bleue produite par la ville de la Roche-sur-Yon à partir de données KERMAP

Corridors écologiques : des exemples concrets

Selon plusieurs découpages, les données produites par KERMAP ont été associées aux quartiers de l’agglomération et à différentes couches de données afin d’obtenir des indicateurs tels que l’indice de canopée, la densité de la végétation et la surface d’engazonnement.

“Il est important de capitaliser de nouvelles connaissances, notamment sur la zone hyper-centre. Pour les projets du nouveau mandat, obtenir des données propres et récentes est particulièrement utile.” En effet, parmi les projets des élus renouvelés figure la plantation de 100 000 arbres dans l’agglomération afin de favoriser le stockage du carbone, de développer la biodiversité et de lutter contre les îlots de chaleur urbains. Pour mener à bien ce projet, il est nécessaire d’identifier les zones possibles de plantation, publiques comme privées. En effet, Raphaël Bedhomme rappelle que les corridors écologiques ne se trouvent pas uniquement sur la voie publique. Les parcelles privées communiquent entre elles, de par les haies, les arbustes et les autres végétaux bordurant nos jardins.

Ces données peuvent aussi être utilisées par des associations ou encore des établissements publics. Raphaël Bedhomme cite l’exemple de l’Office National des Forêts (ONF). Les données peuvent être un appui dans l’établissement des plans de gestion du patrimoine vert (déclinaison opérationnelle d’une charte de l’arbre par exemple ou identification de zones de plantation).

Nos technologies d’apprentissage profond permettent d’identifier avec précision les continuités écologiques au sein d’un territoire. Venez échanger avec nous pour savoir comment nous pouvons vous aider à élaborer votre trame verte et bleue.